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1038 : apparaît la première mention de Versailles dans une charte de l'abbayeSaint-Père de Chartres. Hugo de Versailliis fut l'un des signataires. Au Xe siècle, des moines défrichèrent le terrain etfondèrent l’église prieuré de Saint-Julien.
Une légende raconte que Jeanne d'Arc se serait arrêtée à Versailles,mais il n’y a aucune preuve.
1429 : deux seigneurs, Guy et Pierre de Versailles, furent mêlés à la vie de Jeanned’Arc. Pierre était à Bourges, quand on examina la Pucelle ; quant à Guy, chanoine de Tours, il participa au procès de Jeanned’Arc. A la fin de la guerre de Cent Ans, le petit bourg se présentait dans un triste état : ses maisons pillées etdévastées sont abandonnées, et le château est en ruine. C’est la famille de Soisy qui va relever les bâtiments détruits quiseront composés d'un corps de logis principal et d'une aile en retour, précédés d'un portail encadré de deux tourelles.
1472 : apparaît dans un texte le nom d’un petit bourg : Versailles-aux-bourgde Galie. Les Seigneurs de Versailles relevaient directement du Roi. Leur modeste château dominant l'église et le village sedressait sur la pente méridionale de la butte sur laquelle sera construit le futur château.
1475 : Gilles de Versailles, seigneur de Versailles, céda ses droits sur Trianon à l’abbé de Saint-Germain. Dans l’acte devente, il fut mentionné pour la première fois le nom de Trianon. Trianon était un village acheté puis détruit par Louis XIV dansle but de construire sur ces nouvelles terres du domaine royal une maison à collationner. Cherchant à fuir en famille leprotocole trop pesant de Versailles, le Roi était à Trianon plus proche des siens. Premier caprice royal de Versailles, Trianon,comme plus tard Marly, demeurera un lieu de détente, loin de l'étiquette et des fatigues du pouvoir.
1561 : le domaine sera vendu à Martial de Loménie, secrétaire des finances deCharles IX, qui l’agrandit en et atteint 150 hectares.
1572 : le 24 août, le propriétaire est assassiné la nuit de la Saint-Barthélemy.L'Estoile rapporte dans ses Mémoires que la reine Catherine de Médicis « fit étrangler, dans l'intérêt du comte de Retz,pour lui faire avoir le château de Versailles, le secrétaire d'Etat Loménie, qui en était possesseur. » Ce crime n'est pastrès authentique, mais il n'est pas invraisemblable.
1573 : Albert de Gondi ( baron de Marly) , comte de Retz, l'un de ces Florentinsqui suivirent la fortune de Catherine en France, devint propriétaire du château et de la seigneurie de Versailles ) en rachètantle domaine pour 35.000 livres.
1589 : un mois avant qu'il ne devienne Roi de France, le roi de Navarre séjourne àVersailles Revenant de Blois, il s’y arrêta pendant du 7 au 9 juillet et sera reçu par Albert de Gondi, il y retourna encore en1604 et 1609.
1607 : le dauphin qui deviendra Louis XIII fait sa première chasse àVersailles.
1616 : Albert de Gondi cède la seigneurie à son fils Jean-François de Gondi.
1623 , Louis XIII, le père de Louis XIV, construisit au milieu des forêts et au sommetd'une butte, un modeste logis en brique, pierre et toit d’ardoise . Ce fut son rendez-vous de chasse favori. C’était une simpleconstruction. La disposition de ses pavillons et les fossés qui l'entouraient rappelaient les constructions féodales. Louis XIIIbâtit cette nouvelle habitation sur un terrain qu'il acheta à Jean de Soisy, que sa famille possédait depuis le quatorzièmesiècle. Dans sa petite demeure, Louis XIII recevait de temps en temps sa mère Marie de Médicis, et son épouse Anne d’Autriche,elles ne faisaient qu’y passer et n’y couchaient pas. Ce premier château de Versailles s'élevait au fond de l’actuelle cour demarbre, le corps de logis principal mesurait 24 mètres de long sur six de profondeur et se limitait de chaque côté par deux ailesbasses. L’appartement du roi comprenait une petite galerie où était accroché un tableau représentant le Siège de La Rochelle.Puis, venaient quatre pièces dont les murs étaient couverts de tapisseries. La chambre du roi occupait le centre du château cequi correspond à l’emplacement de la chambre de Louis XIV.
1630 , le 11 novembre, le cardinal de Richelieu se rend secrètement à Versailles afin deconvaincre le roi qu’un complot se fomente par la reine-mère, se sera la Journée des Dupes. Richelieu resta Premier Ministre etla reine-Mère fut exilée.
1632 , le 8 avril, Louis XIII rachetait le domaine de Versailles à Jean-François deGondi, archevêque de Paris, oncle du cardinal de Retz et héritiers d'Albert. Voici un extrait de ce dernier contrat devente :
« Le 8 avril 1632, fut présent l'illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, seigneur deVersailles, reconnoît avoir vendu, cédé et transporté... à Louis XIII, acceptant pour Sa Majesté, messire Charles de l'Aubespine,garde des sceaux et chancelier des ordres du roi, et messire Antoine Rusé, marquis d'Effiat, surintendant des finances, etc., laterre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil château en ruine et une ferme de plusieurs édifices ; consistant laditeferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneraies, étangs et autres dépendances ; haute, moyenne et basse justice...avec l'annexe de la grange Lessart, appartenances et dépendances d'icelle, sans aucune chose excepter, retenir, ni réserver parledit sieur archevêque, de ce qu'il a possédé audit lieu de Versailles, et pour d'icelle terre et seigneurie de Versailles, etannexe de la grange Lessart, jouir par Sadite Majesté et ses successeurs rois, comme de choses appartenantes. Cette vente,cession et transport faits, aux charges et devoirs féodaux seulement, moyennant la somme de soixante-mille livres, que leditsieur archevêque reconnoît avoir reçues de Sadite Majesté, par les mains de..., en pièces de seize sous, de laquelle somme il setient content, en quitte Sadite Majesté et tout autre, etc. » (Architexture françoise, par Blondel, liv. VII, p. 93)
Le Roi ne fit l'acquisition de ce château que pour le démolir et ainsi étendre le panorama de la résidence royale. D’après unetradition, au sommet du plateau de Versailles, à la place même du château actuel, se dressait un moulin à vent : un meunierrégnait où régna Louis XIV. Dans le même temps, le roi acheta de nouveaux terrains et étendit ses terres de chasses. Le pavillonbâti à la hâte sur les terres de Jean de Soisy, devenait étriqué. Le 26 mai débutèrent des travaux d’agrandissement qui furentdirigés par l’ingénieur-architecte Philibert Le Roy.
1634 , les travaux se terminaient et Louis XIII pris possession de ses nouveauxappartements.
A partir de 1636 , le roi multiplia ses séjours et profita du confort de sa nouvellemaison ainsi que de l’agrément de ses jardins. Le nouveau château reçu sa première décoration florale ; les jardins furentagencés « à la française par Boyceau et Menours, décorés d’arabesques et d’entrelacs
1643 , se sentant mourir, Louis XIII confessa : « Si Dieu me rend la santé,sitôt mon dauphin en âge de monter à cheval et en âge de majorité je le mettrai à ma place, et me retirerai à Versailles avecquatre de nos pères pour m’entretenir de choses divines ». le 14 mai, Il rendit l’ âme. Un long silence de dix huit annéess’abattit sur Versailles.
Au début de son règne, Louis XIV ne trouva aucune maison royale qui ne lesatisfasse pleinement. Il habita Paris : le Palais-Royal, le Louvre , les Tuileries , il essaya de sefixer à Vincennes et à Saint-Germain-en-Laye et séjourna à Fontainebleau . Le roi compara les avantages et les inconvénients de ses châteaux, et pour pallier leursincommodités, y entreprit d’importants travaux, mais dans aucun ne se sentit à l’aise.
1651 , le Roi effectua sa première visite à Versailles. C’est alors que se produisit lecoup de foudre.
1660 , le 25 octobre, Louis XIV conduit à Versailles sa jeune épouse, la reine Marie-Thérèse .
1661 , de nouveaux travaux d'agrandissement débutèrent après la mort du Cardinal de Mazarin . De 1661 à 1662 , le roiinvestit un million cent mille livres. La résolution de Louis XIV d’ériger au lieu du petit château de son père un des plusmerveilleux palais de l'Europe causa beaucoup de critiques sournoises parmi les courtisans. Il reste cependant des témoignages deces secrètes oppositions; le lieu parut surtout mal choisi. « Versailles, lieu ingrat » dit Saint-Simon, « triste,sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage, sans air, par conséquent qui n'est pasbon. » Louis Le Vau fut chargé de reconstruire les communs, Charles Errard et Noël Coypel commencèrent les travauxde décoration des appartements, tandis que Le Nôtre créal'orangerie et la ménagerie. À cette époque, Versailles n'était qu'une résidence d'agrément, où des fêtes étaient données dansles jardins, le Louvre demeurant officiellement le palais royal. Dans une lettre restée célèbre, Colbert se plaignit d'ailleurs que Louis XIV délaissât le Louvre :
« Pendant le temps que [Votre Majesté] a dépensé de si grandes sommes en cette maison, elle a négligé le Louvre, qui estassurément le plus superbe palais qu'il y ait au monde. (...) Ô quelle pitié (...) que le plus grand roi fût mesuré à l'aune deVersailles ! »
1664 , au mois de mai, une première fête fut donnée au château, elle s'intitulait "LesPlaisirs de l'Isle Enchantée". Le thème de la fête sera tiré des deux poèmes épiques du XVIème siècle : Roland furieux del'Aristote et La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata, 1580) du Tasse. Molière présentera les Lettres françaises en créant la Princesse d'Élidé et les trois premiers actes du Tartuffe .Le roi avait secrètement offert cette fête à Mademoiselle de La Vallière . [1]
1664 — 1666 , Louis XIV décida d'aménager Versailles de façon à pouvoir y passer plusieurs jours avec son Conseil. Il décida deconserver le château initial bâti par Louis XIII , plus pour des raisonsfinancières que sentimentales. Le Vau tripla la superficie du château, quifut décoré avec beaucoup de luxe, en reprenant notamment le thème du soleil, omniprésent à Versailles. Les jardins,particulièrement appréciés par Louis XIV, virent leur superficie à nouveau accrue, et furent ornés de sculptures de Girardon et d' Le Hongre .
1665 , les premières statues sont installées dans le jardin et la grotte de Téthysconstruite. La première Orangerie, la Ménagerie et la Grotte de Téthys ne résistèrent pas à l’épreuve du temps. Seuls le grouped’« Apollon et les nymphes » et « Les chevaux du Soleil », (sculptés par Girardon, Regnaudin, Marsy et Tuby)rappellent la Grotte de Téthys.
1667 , eut lieu le creusement du Grand canal. Le Nôtre conçut l'élargissement de l'alléecentrale et prend en charge les jardins et les aménagements extérieurs. Il collabore avec les Francine, fils d'ingénieursitaliens, pour la construction des installations hydrauliques.
1668 , a lieu la deuxième fête le 18 juillet, qui permettra de faire connaître le nom deVersailles. Connue sous le terme de Grand Divertissement Royal de Versailles, elle sera marquée par la création de GeorgesDandin, de Molière, et des fêtes de l'Amour et du Hasard, de Lulli . Au cours des fêtes de 1664 et 1668,les courtisans mesurèrent l’incommodité du petit château carbeaucoup ne trouvèrent pas de toit pour dormir. Le Roi, désireux d'agrandir le château, confia cette tâche à Le Vau qui présentaplusieurs projets. Le premier prévoyait la destruction du château primitif et son remplacement par un palais à l'Italienne. Ledeuxième projet proposait d'agrandir le château, côté jardin, par une enveloppe de pierre. Sur les conseils de Colbert, le Roiopta pour la seconde solution.
1668 à 1670 , Le Vau entreprit la construction del'Enveloppe. Cette Enveloppe consistait en un second bâtiment qui encerclait le premier château. De part et d'autre de l'ancienchâteau, le Grand Appartement du Roi, au Nord, et de la Reine, au sud, furent placés symétriquement. Une vaste terrasse, face auxjardins, s'étendait entre les deux. Momentanément conservé, le château de brique et de pierre s'embellissait. Les façadess'ornaient de colonnes de marbre de Rance, de balcons en fer forgé et doré, de bustes posés sur des balustrades. Les toitsportaient des ornements et la cour fut dallée de marbre. Du côté ville, le bâtiment des communs fut surélevé et relié au châteauLouis XIII par une suite de pavillons pour former la Cour Royale que ferme une grille dorée. Les extrémités des anciens communsreçurent un péristyle de colonnes surmonté de statues. Les nouvelles constructions triplaient la superficie du château. [2]
À la mort de Le Vau le 11 octobre, les travaux se poursuivront par François d'Orbay
, désignépar Colbert. Le souhait de Louis XIV se réalisa, le château de Louis XIII restait intact du côté ville, mais disparaissait ducôté jardin, caché par les nouveaux bâtiments. Désormais on distinguera le « Château Vieux » de Louis XIII du« Château Neuf » élevé par son fils. Le « Château neuf » était un bâtiment de conception italienne tout enpierre. Les longues façades furent ponctuées par des avant-corps et divisés dans la hauteur. La façade ouest fut occupée, auniveau du premier étage, par une grande terrasse calée par le pavillon du roi (au nord) et le pavillon de la reine (au sud). Toutcomme les architectes de Chambord
, le Vau puisa son inspiration dans les modèlesitaliens, mais les volumes, les proportions et l’ornementation en firent une œuvre de l’esprit français.
- Le rez-de-chaussée.
Constitué par un soubassement souligné par les lignes horizontales des refends, s’éclaire par des fenêtres cintrées sur lesparterres.
- L’étage.
Se pourvoyait de colonnes ioniques, de niches et de hautes fenêtres rectangulaires (cintrées par Mansart
en 1769
). Cetétage reçu un décor sculpté : statues placées dans les niches, et bas-reliefs rectangulaires surmontant les fenêtres (ilsdisparaîtront en 1679).
- Le second étage ou attique.
Reçu une décoration de l’ordre corinthien et fut surmonté d’une balustrade sur laquelle reposaient des trophées et des pots àfeu.
1670 , édification du Trianon de porcelaine. Durant la même période, les courtisansfirent bâtir leurs hôtels à proximité de la résidence préférée du roi.
1670 — 1671 , 14 grands hôtels (Luxembourg, Noailles,Guise ou encore Bouillon et Gesvres) étaient construits.
1677 ,Louis XIV rêvait de construire un palais qui marquerait son époque. Les palais duLouvre et des Tuileries étaient limités par l'œuvre de ses prédécesseurs. La création de Versailles répond à un souhait politiqueet économique. Dirigeant personnellement les affaires du royaume et centralisant l'administration, le Roi souhaitait regrouperauprès de lui les ministres et leurs services. Sa majesté laissa ainsi paraître son intention de fixer sa résidence à Versailles.Mansart dut élaborer des projets pour l’installation de la Cour. Le palais s’étendra aux dimensions que nous lui connaissons.
1678 à 1684 , la galerie des Glaces, symbole de lapuissance du monarque absolu fut élevée sur l'ancienne terrasse du château neuf. La maçonnerie sera terminée en 1684. Depuislongtemps le roi rêvait de construire à Versailles une de ces grandes galeries alors très à la mode. Louis XIV avait sans douteapprécié les longues galeries des Tuileries, du Louvre et de Fontainebleau : lieux de passage et moyens de communicationentre les appartements, elles se prêtaient par leurs surfaces aux grandes décorations. Le Roi avait fait installer la Galeried’Apollon au Louvre, et dans le palais qu’il avait élevé à Clagny, pour Madame de Montespan , la galerie de Mansart avaitébloui tous les visiteurs. À Versailles, en fermant la terrasse de Le Vau par une longue façade dont les lignes architecturalesreprennent celles du château neuf, Mansart construira la Galerie des Glaces. La grande galerie, limitée au nord par le salon deLa Guerre et au sud par le Salon de la Paix, s’étend sur 73 m de longueur; elle occupe toute la façade ouest du Château neuf etelle servira de passage entre les appartements du Roi et ceux de la Reine. La création de la galerie des Glaces va avoir unegrande conséquence : l’Appartement du roi est déporté dans le château vieux; l’Appartement du Soleil deviendra le« Grand Appartement » et sera utilisé pour les réceptions.
1678
- On posa les premières pierres de l’Aile du Midi destinées à loger les courtisans. Mansart prévoyait la construction de deuximmenses bâtiments, encadrant le château de Le Vau au nord et au sud, et en retrait par rapport à celui-ci.
- La façade sur les jardins est remaniée.
- Décès de l’architecte François d’Orbay qui sera remplacé par Jules Hardouin-Mansart. - Un très grand miroir dont le cadre enbronze doré avait été ciselé par Cucci fut placé dans la chambre des bains.
- Deux cuves allongées, en marbre blanc enrichi de bronzes dorés furent ajoutées dans le cabinet des bains.
- Début des travaux de la Pièce d’Eau des Suisses et du Bassin de Neptune, ainsi que les terrassements nécessaires au doublementdu Parterre du Midi et à la construction de la Nouvelle Orangerie.
1679
- La Galerie des Glaces, le Salon de la Guerre et de la Paix remplacent la terrasse et les Cabinets du Roi et de la Reine.
- Le bâtiment central, du côté de la Cour de marbre, est surmonté d'un étage. Une horloge encadrée de statues de Mars par Marsyet d'Hercule par Girardon ornent la nouvelle façade.
- Mansart commença la construction d’un second escalier destiné à faire pendant à l’Escalier des Ambassadeurs : L’escalierde La Reine. De l’Escalier des Ambassadeurs, seules nous sont resté les deux portes qui ouvraient dans le Grand Appartement, lebuste de Louis XIV et le Silène antique.
- Dès l’achèvement des Ailes des Ministres, on entreprit la construction des Grandes et des Petites Écuries. Les travaux sepoursuivirent dans les jardins qui s’enrichissaient de statues et de nouveaux bosquets.
1681
- Le Brun acheva la décoration des Grands Appartements.
- La machine de Marly commença à pomper l'eau de la Seine
.
- Les perspectives furent élargies.
- Excavation du Grand Canal et de la pièce d'eau des Suisses.
- Multiplication des bosquets ainsi que des fontaines au prix de longs travaux d'adduction d'eau. C'est ainsi que naissaient lesjardins à la Française. Les plus grands sculpteurs du temps décorèrent ces espaces avec des statues de marbre et de bronze.
1682
, Louis XIV n’aura pas la patience d’attendre la fin des travaux. La cour pressentitles projets du roi et feigna d'y croire. Pourtant, le 6 mai le roi quitte Saint-Cloud
et s’installe définitivement à Versailles. Versailles devint officiellement la résidence du roi deFrance. Un contemporain décrivit les conditions dans lesquelles se déroula l'installation : « Le sixième de mai le Roiquitta Saint-Cloud pour venir s’installer à Versailles, où il souhaitait être depuis longtemps, quoiqu’il fut rempli de maçons,dans le dessein d’y demeurer jusqu’après les couches de Madame la Dauphine, qui fut obligée de changer d’appartement le secondjour qu’elle fut arrivée, parce que le bruit l’empêchait de dormir. » Le roi s’installa dans une demeure en chantier où lestravaux de décoration allaient bon train. La Galerie des Glaces était encombrée par les échafaudages de Le Brun, et pour latraverser, il fallait emprunter un passage pratiqué entre les poutrelles.
L'Inauguration de l’aile du midi a lieu.
L'un des grands problèmes de Versailles sera toujours le logement des courtisans. Si Versailles est le symbole de la puissance de Louis XIV
, il ne faut pas perdre de vue que ce n'est qu'à 44 ans qu'il s'yétablit définitivement.
Versailles vit ainsi l'apogée de la société de cour. En y fixant les courtisans, Louis XIV
transforma une noblesse belliqueuse et potentiellement rebelle en un groupe soutenant l'État, en lapersonne du roi. Le roi qui, dans son enfance, avait connu avec la Fronde les dangers d’un soulèvement de la noblesse, souhaitaitprotéger la personne royale et le gouvernement. Il s’appliqua à réduire la puissance et la fierté des nobles. Les moyens qu’ilemploya furent :
- d’attirer les grands seigneurs à sa cour en leur distribuant ou en leur laissant espérer des honneurs, des titres, despensions.
- d'offrir aux plus importants des logements au château.
- d'inspirer à ses courtisans le respect et élever une barrière à leur promiscuité.
- de faire des courtisans des spectateurs assidus de sa grandeur.
Le roi établit des règles d’étiquette rigoureuses et complexes, qui transformaient tous ses actes, même les plus quotidiens, enun cérémonial quasi sacré. Le roi et la reine avaient leur Grand et leur Petit Lever, leur Grand et leur Petit Coucher. Certainespersonnes y étaient admises. Aux plus favorisés revenait l’honneur d’entourer le roi, derrière la balustrade qui isolait le litdu reste de la pièce, et de lui prêter rituellement assistance en lui présentant un vêtement. Toutes les circonstances de la vieétaient ainsi réglées, depuis la naissance des princes, qui avait lieu en public (ce qui évitait toute contestation delégitimité), jusqu’au obsèques du roi régies par des coutumes immuables. Les rapports du roi avec les personnes admises àl’approcher connaissaient les mêmes solennités, qu’il s’agisse des réceptions d’ambassadeurs, des présentations de gentilshommeset de dames titrées ou de la réception des vœux et des félicitations. Pour rompre avec ce protocole, Louis XIV institua les« Jours d’Appartement » où trois fois par semaine, 19 à 22 heures, les courtisans étaient admis dans le GrandAppartement. Dans différents salons étaient répartis des buffets, des tables de jeu, on pouvait écouter de la musique ou danser.Le roi s’y promenait sans que les seigneurs et les dames dussent se déranger de leur jeu pour le saluer. C’était un grandhonneur, envié et disputé, que d’y être admis. C’est dans le même esprit que Louis XIV voulut se réserver, en faisant aménagerles Petits appartements, une vie plus intime dans la seule compagnie de ses familiers, tels ses compagnons de chasse qu’ilretenait souvent à dîner. Pour l'Europe, Versailles fut un témoignage de la puissance de la France et de Louis XIV.
1683
, dans un appartement, interdit à toute personne non autorisée, les architectes etles décorateurs aménagèrent des salons et des cabinets destinés à recevoir des chefs d’œuvres et les collections du roi. Dans leSalon ovale, le Cabinet aux tableaux, le Cabinet aux coquilles on exposa toutes sortes d’objets d’art et de riches curiosités;les murs portaient des tableaux de la collection royale. Ces pièces faisaient partie de l’appartement des Collectionneurs qui seterminait par le Cabinet des Médailles. D'après la description de Mademoiselle de Scudéry, ce dernier était éclairé par deslustres de cristal de roche et on pouvait y admirer :
- des vases de grande taille garnis d’or et de diamants,
- des bustes et des figures antiques,
- une Nef d’or garnie de diamants et de rubis (c’est la grande Nef de Louis XIV qu’on voit peinte au plafond du Salon del’Abondance),
- des porcelaines de Chine et du Japon,
- des vases d'agate, d’émeraude, de turquoise, de jade, de girasol, de jaspe d’Allemagne et d’Orient, de pierre d’étoile, decornaline, de crisolite,
- des figures grotesques de perles, d’émeraude, de rubis et d’agate,
- une grande quantité de vases de conques de perles,
- des tableaux, des miroirs,
- des statues d'animaux antiques,
- un grand vase de jaspe dont la figure est une espèce d’ovale irrégulier qui servit au baptême de Charles Quint.
Une partie de ces trésors fut transportée, par ordre de Louis XV
, au Cabinet desmédailles de la Bibliothèque de Paris, le reste fut dispersé pendant la révolution. La galerie d’Apollon, au Louvre, a recueilliquelques très belles pièces des collections de Louis XIV : vases en cristal de roche ou en matières précieuses (jaspe,cornaline, etc.) ainsi que de petits groupes de bronze.
L’année 1683 fut endeuillée par la mort de la reine Marie-Thérèse et par celle de Colbert. La surintendance des Bâtimentspassera entre les mains de Louvois qui n’aime pas Le Brun et qui introduira Mignard à Versailles.
1684 , l’appartement des collectionneurs s’agrandit par l’annexion de l’ancienappartement de Montespan, transformé en une petite galerie que décora Mignard qui trouva dans cette galerie l’occasion derivaliser avec Le Brun. Mignard peignit le plafond en s’inspirant du thème d’Apollon et de Minerve, il décora également lesplafonds des deux petits salons de la galerie. Le sol était un parquet de bois précieux, les murs étaient tendus d’étoffessomptueuses. C’est dans cet pièce que Louis XIV exposa les pièces maîtresses de sa collection de tableaux. Comme cette collectionde chefs d’œuvre était considérable, on accrochait les tableaux par roulement. Dans ce cadre précieux, le roi s’attardait àcontempler la Joconde .
1685
à 1689
, une véritable fièvre constructricedonna naissance :
- à l'Orangerie qui remplaça celle de Le Vau. Elle fournissait 3000 arbustes et 150 000 plantes florales chaque année.
- aux Écuries,
- au Grand Commun,
- à l’aile nord des courtisans.
La construction des ailes Nord et du Midi prolongea le développement des façades de Le Vau. Vus des jardins, les trois bâtimentsdisctincts composaient un ensemble harmonieux. La façade se développait sur une longueur de 670 mètres. Les deux nouveauxbâtiments accueillaient les Princes et les courtisans, les écuries, les carrosses, les services généraux et le logement desdomestiques. La Grotte de Téthys fut détruite.
Deux ans après l'installation de la Cour, 22 000 à 30 000 ouvriers (selon la disponibilité des régiments) et 6000 chevauxs'affairaient sur les différents chantiers de Versailles. On érigea une colline afin de porter les 680 mètres de longueur duchâteau. Une forêt entière fut plantée. Jules Hardouin-Mansart coordonnait l'immense chantier. La facture totale s'élèvera àenviron 80 millions de livres. En cas d'accident de travail, des dédommagements suivants furent prévus :
- 30 à 40 livres pour un bras ou une jambe cassé,
- 60 livres pour un œil crevé,
- 40 à 100 livres pour la veuve en cas de mortalité.
Le village de Versailles se transforma en véritable ville qui se construisait dans l'axe du château et des jardins. Les 5000courtisans érigeaient en ville des hôtels où furent logés leurs serviteurs et leurs équipages. Des tavernes et des aubergescontribuaient à l'animation de la ville dont la population, qui ne cessait de croître, atteindra 70 000 habitants à la veille dela révolution.
1686
- la décoration de la Galerie des Glaces par Le Brun s’achève.
- audience des ambassadeurs du roi de Siam.
1687 , le roi se lasse du Trianon de porcelaine. Hardouin-Mansart érigera sur le mêmeemplacement un petit palais de marbre et de porphyre avec jardins; Louis XIV surveilla de si près les travaux qu'il semblait levéritable architecte du lieu.
1689
, Dans le nouveau Versailles, l'accès aux appartements de la Reine se faisait parl’escalier de marbre, appelé l’Escalier de la Reine. Le palier s’ouvrait dans les deux Salles des Gardes du Corps, ensuitevenaient l’Antichambre, le Grand Cabinet et la Chambre qui donnait dans le Salon de la Paix. Cet ensemble se développait sur lafaçade sud de l’enveloppe de Le Vau.
Les nouveaux appartements du roi se développaient autour de la Cour de Marbre. L’appartement officiel dit "Appartement du Roi"occupait les ailes sud et ouest du château de Louis XIII et l’"Appartement Intérieur" était installé dans l’aile nord.L’Appartement du Roi se composait de sept pièces, la septième formant la jonction avec l’Appartement Intérieur. Au centre duchâteau fut installé le Salon du Roi (future Chambre de Louis XIV), l’appartement se terminait par le Cabinet du Conseil et leCabinet des Termes ou des Perruques (deux pièces situées à l’emplacement de l’actuel Salon du Conseil).
1700 , le duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, est proclamé roi d’Espagne et il prend lenom de Philippe V d'Espagne .
1701 , Transformation des Appartements du Roi. La chambre du Roi se place au centre duchâteau. L’Antichambre des Bassan et la Chambre (de 1689) furent réunis pour former la Chambre à l’œil-de-bœuf. Ces pièces furentmagnifiquement meublées et tendues d’étoffes très riches, les plafonds non peints formèrent de vastes calottes blanches.
1710 , achèvement de la construction de la Chapelle Royale par Robert de Cotte qui marquera la findu règne de Louis XIV. Les proportions du château et sa décoration en font un des joyaux de son règne.
1715
- le 19 février, Louis XIV vêtu d’un habit de satin constellé de diamants reçoit les ambassadeurs de la Perse
dans la Galerie des Glaces.
- à la fin du mois d’août, une foule inaccoutumée se répandit en silence dans les appartements du souverain. La Cour de Francevenait assister à la mort de son roi et l’entourer pour une ultime cérémonie.
- le 1er septembre, à huit heures du matin, le roi Soleil s’éteignit. Il avait vécu 77 ans et régné sur la France 72 ans. Sa mortmettait fin au Grand Siècle que Voltaire
appellera celui de Louis le Grand.
1715 , le nouveau roi n'étant qu'un enfant, son tuteur Philippe d'Orléans (dit le Régent,cousin de Louis XV) quitta Versailles le 9 septembre et s'installa dans sa résidence parisienne du Palais-Royal et la Cour auxTuileries. Durant cette Régence , le duc de Noailles proposa de raser lechâteau.
1717 , Pierre le Grand, tzar de Russie, visite Versailles et réside au Grand Trianon.
1722 , âgé de 12 ans Louis XV se réinstalla à Versailles dans les appartements LouisXIV.
Le nouveau souverain se montra soucieux de faire respecter les traditions de Versailles. L’ère des grandes constructions étaitrévolue et le château ne retrouva plus le lustre des années Louis XIV — Louis XV n'appréciait pas particulièrement Versailles. Quand il s'y trouvait, il se réfugiait souvent dans les PetitsAppartements dans les attiques, au-dessus de ses Grands Appartements. Mais la plupart du temps, il séjourna au Trianon, à Marly , à Compiègne ou à Fontainebleau , ou encore dans de petites résidences à proximité de Paris .
Les premières transformations consistaient en :
- la démolition de l'Appartement des Bains et l'Escalier des Ambassadeurs,
- les constructions du salon d'Hercule, de l'Opéra et du Petit Trianon,
- la tranformation des Appartements du Roi, de la Reine et des princes de la famille royale progressivement transformés pours'adapter aux goûts de l'époque et rendus plus confortables. Ange-Jacques Gabriel prendra en charge ces modifications.
La nouvelle administration des Bâtiments, à la tête de laquelle se trouvait le duc d’Antin, entama la décoration de la grandesalle (salon d’Hercule) sous la reponsabilité de Robert de Cotte qui dirigea les travaux suivant les projets élaborés dans lesdernières années du règne de Louis XIV . Ce salon achèva le Grand Appartement de Le Brun et l'esprit de grandeur rejoignait celuidu siècle précédent. Les parois furent recouvertes de marbres choisis par Louis XIV de son vivant et décorées par deux œuvres deVéronèse. La nouveauté résidait dans le plafond compartimenté d'aucun cadre sculpté. François Lemoine saisit l’occasion derivaliser avec Véronèse en peignant : « L’Apothéose d’Hercule ». Le Salon d’Hercule reliait les Appartements duRoi au vestibule de la chapelle. Plus tard, Gabriel envisagea de remplacer l’Escalier des Ambassadeurs par un nouvel escalier quidéboucherait dans cette salle
1729 , début des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine. Robert deCotte fournit les dessins des nouvelles boiseries.
1735 , achèvement des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine parGabriel père et fils
1736 , inauguration du Salon d'Hercule.
1738 à 1760 , les pièces de l’appartement decollectionneurs de Louis XIV furent constamment remaniées. Les travaux commencèrent en 1738 par la création de la Chambre àCoucher privée du Roi, et se stabilisèrent vers 1760.
1741 , Philibert Orry (qui avait remplacé d’Antin) fit procéder à l’achèvement du Bassinde Neptune ;
1742 , Louis XV accorde audience à Saïd Méhemet Pacha, ambassadeur extraordinaire duGrand Seiugneur.
1745 , à la tête de l’Administration des Bâtiments du Roi, Monsieur Le Normand deTourehem succéda à Philibert Orry. Tournehem fut poussé à cette distinction par sa nièce, Madame de Pompadour.
1750 , Louis XV introduisit un nouveau type de pièces dans les appartements royaux :la Salle à Manger des retours de chasse.
1751 , décès de tournehem qui fut remplacé par le marquis de Marigny, frère de Madame dePompadour. Sous ses directives vont se révéler : l’architecte Ange-Jacques Gabriel, et deux sculpteurs de boiseries,verbeckt et Rousseau. C’est l’appartement de Marie Leczinska qui fournit à Gabriel et à Verbeckt l’occasion de travaillerensemble.
1752 , destruction de l’Escalier des Ambassadeurs, de la Petite Galerie et du Cabinetdes Médailees. Ces témoins glorieux du règne de Louis XIV furent détruits pour la création d’un appartement destiné à l’aînée desFilles de France : Madame Adélaïde.
1755 , la seconde transformation consistait à réunir l’ancien Cabinet du Roi (ou duConseil) avec le Cabinet des Thermes (ou des Perruques) pour former le grand salon du Conseil . Jules Antoine Rousseau sculptales boiseries dorées. Gabriel réutilisa une partie des anciens panneaux pour décorer les murs. Au second étage se développaientles cabinets intérieurs du roi. Dans cette partie du château aucune dorure ne colorait les boiseries. Des couleurs vives etvariées égayaient les statues, peintes selon les techniques élaborées par Martin, l’inventeur du fameux « vernisMartin ». L’élément essentiel de cet appartement était une petite galerie éclairée sur la Cour de Marbre. Des tableaux deBoucher, Carle Van Loo, Lancret, Pater et Parrocel étaient accrochés Sur les boiseries colorées.
Pendant toute sa carrière Gabriel fit face à des problèmes de logement. La Reine mit au monde huit princesses :
- Madame Toisième et Madame Thérèse moururent très jeune,
- Madame Henriette fut emportée par la maladie en 1752.
- Madame Elisabeth devint duchesse-infante de Parme.
- Madame Louise prit le voile et se retira au Carmel de Saint-Denis.
- Mesdames Alélaïde, Victoire et Sophie vivaient au château à la fin du règne.
Pour loger toutes ces princesses, dans des appartements qui conviennent à leur rang, Gabriel effectua de multiples travaux. Aufil des années Mesdames changèrent d’appartements, passant de l’Aile du Midi à l’Aile du Nord, et au rez-de-chaussée du CorpsCentral (et même au premier étage comme nous l’avons noté pour Adélaïde). Ces déménagements successifs aboutirent à ladisparition compète de l’Appartement des Bains, de l’Escalier des Ambassadeurs, et au cloisonnement de la Galerie Basse. Cesappartements furent détruits par Louis Philippe, quelques splendides boiseries ont échappé à ce saccage et nous témoignent duluxe qui régnait chez Mesdames.
Selon la tradition établie sous Louis XIV, le dauphin et son épouse prirent possessions des deux appartements durez-de-chaussée situés sous l’Appartement de la Reine et, en retour d’équerre, sous une partie de la Galerie des Glaces. Demerveilleuses décorations furent alors créées. Le XIXe siècle ravagea cet ensemble. Seul fut conservé la Chambre du Dauphin et laBibliothèque.
Les dernières années de Louis XV furent marquée par la création de la salle de Spectacle (ou Opéra Royal).Sous louis XIV lapetite salle de spectacle de la Cour des Princes était incommode et ne se prêtait plus aux nouvelles modes. Madame de Pompadour,pour distraire le roi, monta une petite troupe de comédiens choisis parmi ses amis, la marquise elle-même tenait sa place. Lapetite troupe eût deux théâtres à sa disposition, théâtres provisoire et démontable installés dans la petite galerie et la cagede l’Escalier des Ambassadeurs. Ces petits théâtres accueillaient très peu de spectateurs et étaient insuffisants pour lesbesoins de la Cour. En faisant construire l’Aile du Nord Louis XIV avait pensé y bâtir un Opéra, les mauvaises finances de la finde règne l’en empêchèrent. Il fit reprendre le projet à l’occasion du mariage prochain de son petit-fils avec l’archiduchesseMarie-Antoinette, et quelques années avant sa mort il parachevait ainsi l’œuvre du Roi Soleil.
1757 , le 5 janvier, attentat de Damiens contre le roi.
1761 à 1768 Ange-Jacques construit le PetitTrianon
1769 , la princesse Adélaïde déménagea et son appartement fut réuni à celui de Louis XV.Les deux pièces importantes de l’appartement intérieur étaient la nouvelle chambre du roi et son cabinet intérieur (cettedernière formant la plaque tournante entre les anciens salons et les « Salles Neuves » de l’apparetment d’Adélaïde.
Dans la seconde partie du règne de Louis XV des projets de reconstruction des façades en regard de la ville vont prendrecorps. On reprochait aux murs de Le Vau leurs matériaux et leur disposition.
1770 , le 16 mai, mariage du dauphin (futur Louis XVI) avec Marie-Antoinette de Loraine,archiduchesse d’Autriche, célébré dans la chapelle royale. Dans un même temps aura lieu l’inauguration de l’Opéra Royal àl’occasion du festin royal, elle marque le sommet de l’art de Gabriel.
1771 Gabriel présenta au roi son « Grand Projet » de reconstruction de toutesles façades côté ville. Seule l'aile droite, qui menaçait ruine, fut édifiée. Avec son pavillon à colonnes , les règles del'architecture classique furent respectées. Le roi donna son agrément à ce projet. Comme l’argent manquait dans les caissesroyales,Madame du Barry se chargea de réunir les fonds à cette opération.
1772 , Les travaux du « Grand Projet » débutèrent et ne furent jamais achevésmais donnèrent naissance à l’Aile Louis XV. A l'intérieur de l'aile, les travaux du grand escalier dit Grand Degré débute, maisne sera achevé qu’en 1785. A la fin de l'Ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toutel'Europe.
Pendant que Gabriel poursuivait son œuvre la vie de la cour continuait, toujours brillante et luxueuse, émaillée de bals et defêtes. La distraction favorite de ce siècle fut le théâtre. On appréciait Voltaire pour ses tragédies et sa prose. Madame dePompadour donnera une grande impulsion à ce mouvement.
Louis XV fut responsable de la destruction d’ensembles splendides du temps de Louis XIV, mais il avait su créer à l’intérieurdu palais de magnifiques décorations. Les jardins et en particulier Trianon s’étaient enrichis du Pavillon Français et du PetitTrianon.
Sous Louis XVI , la vie de cour à Versailles continua à décliner, en devenantune coquille vide de sens, et fuie par les courtisans aussi bien que par la famille royale. De plus, le château se révéla ungouffre financier. L'absence de commodités (salle de bains, chauffage) dans les appartements rendit de plus en plus sensible lanécessité d'une rénovation profonde des bâtiments. Mais le manque d'argent fit remettre le projet jusqu'à la Révolution française . La fin de Versailles [3]
Versailles vit l'apogée de la France des Bourbons, mais aussi sa chute : c'est à Versailles que se tinrent les États généraux de 1789 ,jusqu'au 6 octobre . A cette date, la cour suivit le roi qui rentrait à Paris. Dèslors, Versailles fut vide. En 1792 , lors de la chute de la monarchie, il fut même pillé pardes vandales. Napoléon songa un temps à en faire sonpalais impérial, mais Versailles resta inutilisé jusqu'au retour de la monarchie. Enfin, Louis-Philippe en fit un musée national en 1837 .
Par la suite, Versailles ne revint plus sur le devant de la scène que de façon épisodique, voire anecdotique. Ainsi, lechâteau devient le quartier général de l'armée prussienne lors du siège de Paris , pendantla guerre de 1870 . L' Empire allemand fut proclamé dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871 . Durant la Commune , Thiers et son gouvernement s'y réfugièrent. Ilsy restèrent jusqu'en 1879 .
Le traité de paix, dit Traité de Versailles qui mitfin à la Première Guerre mondiale y fut signéle 28 juin 1919 .
De nos jours, Versailles est un palais national à la disposition de la présidence de la république. Il sert à accueillir deschefs d'État étrangers, comme Élisabeth II en 1972 , le Shah d'Iran en 1974 , Mikhaïl Gorbatchev en 1985 ou Boris Eltsine en 1992 . En 1982 , il servit de lieu de réunion au G7 .
D'autre part, depuis la IIIe République , Versailles sert delieu de réunion du Congrès du Parlement , c'est-à-dire la réunion des députés etdes sénateurs, pour voter les révisions de la Constitution , à la majoritédes trois cinquièmes (art.89 de la constitution de 1958).
Les musées du château de Versailles, créés en 1837 par Louis-Philippe sous le nom de « musée d'histoire de France », constituent, avec leurs18.000 m² le plus grand musée d'histoire du monde. Le musée contient une collection de tableaux rassemblés ou commandés par Louis-Philippe , et organisés en séries historiques. Pour les exposer,certains appartements ont été transformés en salles de musée.
À l'heure actuelle, le musée d'histoire de France se situe dans les ailes, tandis que la partie centrale (à l'exception durez-de-chaussée), contenant les Grands Appartements, les appartements privés et ceux de la famille royale ont été restaurés telsqu'ils l'étaient lorsqu'ils étaient occupés.
L'entretien de Versailles est difficile, notamment en ce qui concerne ses immenses toitures, mais le tourisme, ainsi que desdons, permettent actuellement de le mener à bien.
Le château de Versailles est géré depuis 1995 par l'établissement public du musée et du domaine national de Versailles, dontla présidente est Christine Albanel, conseiller d'État. Cet établissement public emmploie 900 personnes, dont 400 affectés à la surveillance. Il reçoit 3 millions de visiteurs par an dans le château et 7millions dans le parc. 70 % des visiteurs sont des étrangers.
Il comprend trois châteaux : Versailles, Grand Trianon et Petit Trianon, ainsi que plusieurs bâtiments situés enville : grandes et petites écuries, hôtel des Menus-Plaisirs, salle du Jeu-de-Paume, le Grand Commun...
Le château de Versailles compte 700 pièces, 2513 fenêtres, 352 cheminées (1252 sous l'ancien régime), 67 escaliers, 483miroirs (répartis dans la Grande galerie, le Salon de la guerre et le Salon de la Paix) et 13 hectares de toitures. La superficietotale est de 67 121 m² dont 50 000 sont ouverts au public.
Le parc couvre 800 hectares, dont 300 ha de forêt , et deux jardins à la française : le Petit Parc, 80 ha, et le le Trianon, 50 ha. Il compte 20 km de murs declôture et 42 km d'allées.
Parmi les 55 bassins, les plus grands sont le Grand Canal, 24 ha et 500 000 m3, et la pièce d'eau des Suisses, 180 000 m3. Oncompte 600 jets d'eau et 35 km de canalisations.
Un programme de rénovation, le « projet du Grand Versailles », a été lancé en 2003. Doté d'une subvention de l'Étatde 135 millions d'euros pour les sept premières années, il s'étalera sur 17 ans et concernera l'ensemble du domaine, château etparc. Les trois objectif principaux sont de sécuriser le château, poursuivre les restaurations et créer de nouveaux espaces pourl'accueil du public.
A côté de l'État de nombreux mécènes financent les restaurations. Leurs contributions représentent 5 % du buget del'établissement public. Ainsi la fondation « American Friends of Versailles » vient de donner 4 millions de dollars(soit les 2/3 du coût total) pour la restauration du « bosquet des trois fontaines », inauguré en juin 2004, et lasociété Vinci finance celle de la « Galerie des Glaces » à hauteur de 12 millions d'euros. Les travaux commencé en 2004 devraients'achever en 2008 .